Les Investigateurs Financiers photo

Arnaque ou coup de maître ?


Voici le genre de transaction que beaucoup de sceptiques condamneraient sans hésiter. Une banque procède à l’émission d’actions d’une compagnie. Cette banque agit en temps que courtier, et elle doit trouver des preneurs pour les nouvelles actions émises. Elle gagne donc une commission en effectuant ce travail.

Normal ?

Jusqu’ici, oui.

Imaginez maintenant que la banque en question procède à cette émission, dans le but de récupérer des prêts !

Comment ?

Eh bien, la compagnie qui émet des actions (le client) se trouve à être un ‘‘emprunteur’‘ de cette banque. Donc, aussitôt les actions vendues, la banque sait d’avance que l’argent que recevra son client servira à rembourser ses dettes. Comme la banque est le principal créancier, elle sait qu’elle recevra une bonne partie de cet argent. La banque fait donc d’une pierre deux coups : elle empoche des commissions sur l’émission d’actions, et elle réduit son niveau de risque avec cette compagnie puisque cette dernière rembourse son prêt grâce à l’argent des nouveaux investisseurs. Lisez bien ceci : avant l’émission d’actions, les analystes de la banque recommandaient de vendre le titre de son client, car ils considéraient que le niveau d’endettement était trop élevé. Après la transaction, ils recommandent d’acheter le titre, car avec le nouvel argent reçu par la compagnie, le risque est considérablement réduit !

Arnaque ou coup de maître ?

Pour nous, il s’agit d’un coup de maître, puisque tout le monde bénéficie de ce type de transactions. Tout d’abord, donnons un exemple concret. Wells Fargo (par le biais de Wachovia) a procédé à une émission d’unités importante de la fiducie immobilière, Weingarten Realty, le 17 avril dernier. Comme Wells était l’un des créanciers, elle a bénéficié directement sur les deux plans : commissions lors de la vente d’unités et remboursement de prêt de la part de Weingarten.

Qui est lésé dans cette transaction ? Les acheteurs d’unités ? Les détenteurs d’unités existants ?

Eh bien, les prix des fiducies sont très bas actuellement, principalement à cause de fortes incertitudes au niveau de leur survie. S’il leur est impossible de rembourser les prêts lorsqu’ils viennent à échéance, les fiducies n’auront d’autres choix que de déclarer faillite. Avec la nouvelle émission d’unités, une certaine dilution est créée, mais la faillite est évitée. On revient à des niveaux raisonnables d’endettement.

Sans ces transactions, les détenteurs d’unités existants (ceux qui sont actionnaires depuis un bout) risquaient de tout perdre. La nouvelle émission d’unités réduit de beaucoup ce risque, et par conséquent, le prix en bourse grimpe. Vaut mieux une dilution qu’une perte totale ! Quant aux nouveaux détenteurs d’unités, ils profitent d’excellents prix en ce moment, comparativement à il y un an, même en tenant compte de la dilution. Et sans le remboursement de prêts à venir, ils n’auraient pas été intéressés à simplement acheter les unités sur le marché. Le banquier quant à lui réduit les prêts les plus risqués sur son bilan. Il a la chance de réduire un surplus d’endettement d’un de ses clients. Le nouvel argent reçu par la banque servira à prêter à d’autres emprunteurs, dont le taux d’endettement est plus raisonnable (ce que l’économie a tant besoin!). Plusieurs autres institutions financières ont procédé à ce type de transactions. Et plusieurs observateurs des marchés sont outrés des conflits d’intérêts apparents.

Pourtant, tout le monde y gagne : les détenteurs d’unités, autant les anciens que les nouveaux, la banque, et l’économie.

Arnaque ou coup de maître ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Les Investigateurs Financiers

Article original


  • Noter cet article:
    • Actuellement 4.00 étoiles sur 5
    • 1
    • 2
    • 3
    • 4
    • 5
  • Email
  • Print

Recevez toutes les analyses par email, chaque matin

Nos autres newsletters →
Votre email ne sera jamais transmis à aucun tiers.

Lire aussi

3 commentaires

c2981 Paul
Jeu 07 Mai 2009
Paul photo

C’est franchement limite.

En plus on voit quelques semaines auparavant que des insiders ont acheté massivement l’action a des tarifs bradés.

Les grands perdants sont les actionnaires de longue date, qui se font diluer. Décidémment, le buy & hold ne paye pas.

c4438 Henry CANNES
Dim 27 Sep 2009
Henry CANNES photo

Une arnaque financière de grande envergure

Une nouvelle est passée complètement inaperçue dans la presse française : Une arnaque financière de grande envergure s’approche de la France. Un véritable Tsunami financier tel que l’affaire Madoff.

Des sociétés de placement financier criminelles nommées “Boiler Room” se développent de manière exponentielle en Thaïlande principalement à Bangkok et ciblent le marché français.

On estime à prés d’une centaine de français et près d’un millier d’anglophone travaillant actuellement dans ces sociétés de finance véreuses communément appelé‘ Boiler Room ‘. Leur quartier général se situe à Bangkok. Ils existent aussi des ramifications en Malaisie et au Philippine.

Apres avoir dévalisé l’Australie de plusieurs milliards de $ australiens, l’Angleterre évalue à plus 500 millions de $ de fraude par an. La France depuis plus un an recense une augmentation constante de plainte d’après les services de police et l’AMF.

La plupart de ces sociétés utilisent principalement des comptes bancaires a Hongkong, Taiwan et Chypre. Le compte bancaire est rarement en rapport avec le nom de la société. Pour faire durer la longévité d’une société, ils utiliseront successivement différents comptes bancaires.

Téléphone et fax sont loués et les appels sont transférés sur des mobiles. Il existe rarement plus d’une ou deux lignes téléphoniques. Les mails sont envoyés grâce à des ‘proxy’  qui cachent leur réel IP.

La démarche se divise en trois étapes : un télémarketeur démarche les clients en premier lieu et cible le prospect. Ensuite une deuxième personne rappelle le client et se charge d’ouvrir un compte pour le client. Enfin, une troisième personne se chargera de faire réinvestir le client après avoir gagner sa confiance.

Plusieurs arrestations grâce à l’appuis d’Interpol ont eu lieu ce mois de septembre a Bangkok. Une myriade de micro-société se situerait dans des appartements du centre bangkokien entre Sukhumvit et Lumpini et sont actuellement sous investigations. Ces voyous anglophones et français connus de la communauté bangkokienne ne se cachent nullement grâce à une protection rapprochée de détectives et de garde du corps thaïlandais. Ces individus se vanteraient d’etre supporté par les plus hautes autorités et d’avoir infiltré les services de police de plusieurs ambassades. De nombreuses personnes ont été identifiées grâce aux vidéos et leurs anges gardiens n’ont pas manqué de les dénoncer aussitôt pris.
http://www.nationmultimedia.com/breakingnews/30112593/6-foreigners-arrested-in-online-investment-scam

c4481 Termite Olivier
Jeu 01 Oct 2009
Termite Olivier photo

C’est une arnaque de maître. L’arnaque est patente. Les commissions sortent de la poche de la société donc des actionnaires. Elles sont les conséquences d’une mauvaise gestion de la part de la direction qui aurait du trouver une solution pour régler cette mauvaise dette (mauvaise puisqu’elle doit procéder à une augmentation de capital au lieu de rembourser avec son cash d’activité). Et les directions sont parfois nommées par les banques qui contrôlent en direct ou à travers des SICAV, les compagnies. Si vous avez raisons sur la baisse du risque, la recommandation de la banque sera toujours orientée, même si elle sait que l’augmentation de capital s’avérera au final insuffisante et devra être renouvelée. Elle dispose pour cela d’information privilégiée. La préparation de ce vol se fait en amont, au moment même ou la banque prête, avec le seul gain comme objectif. N’attendons rien de la bienveillance du banquier et nous ne serons pas déçu.

Laisser un commentaire

Votre email est requis.

Adresse de votre blog ou site.

Me prévenir par email de nouveaux commentaires ?

HAUT ↑