Alors que beaucoup d’investisseurs se demandent si la flambée des indices boursiers est tenable (mais c’est parce qu’ils ont probablement manqué le train de la hausse).
… alors que beaucoup d’économistes se demandent si le rallye amorcé mi-mars n’est pas artificiel (poser la question en ces termes, c’est déjà y répondre par l’affirmative).
… alors que les institutionnels inondés de liquidités par le TARP (Troubled Asset Relief Program) ne se posent aucune question et arrachent les cours depuis 13 semaines dans l’espoir de tout ressortir le plus vite possible et le plus haut possible…
… il devient difficile de trouver des valeurs aux cours d’achat raisonnable… et il est plus rare encore de bénéficier de surcroît de signaux techniques positifs de bonne facture.
Il se pourrait cependant qu’un titre réponde à ces critères d’exigence. Il s’agit d’un groupe présidé par Anne Lauvergeon, la seule femme à occuper ce degré de responsabilité en France, et qui est courtisé aussi bien par Alstom que par Siemens. Vous l’avez deviné, notre perle du jour est Areva. Le numéro un mondial des technologies et services liés à l’industrie du nucléaire a de grandes ambitions en Europe, en Russie, en Chine, dans certains pays du Bassin méditerranéen, mais elle arbore surtout aujourd’hui une excellente configuration technique.

Areva s’efforce également de devenir l’un des leaders mondiaux de l’extraction et du traitement de l’uranium. Dans le but de sécuriser pour les quarante ou cinquante prochaines années ses approvisionnements en minerais, le groupe vient de conclure un très gros contrat d’exploitation au Niger puis un autre en Namibie. Mais le développement plus coûteux que prévu de l’EPR, la mise en production des concessions mentionnées ci-dessus sont gourmands en capitaux (les besoins en financements sont estimés à 12 milliards d’euros d’ici 2012). Voilà qui n’a pas manqué de refroidir les marchés au premier trimestre, et qui explique une interminable consolidation du titre au sein d’un corridor délimité par les 305/375 euros du 20 novembre 2008 au 20 avril dernier.
Mais cette stagnation vient de se terminer brusquement le 30 avril dernier avec l’ouverture d’un gap de rupture à la hausse, au-dessus de 382,85 euros. Areva a franchi un nouveau cap le 1er juin en pulvérisant la résistance annuelle des 431 euros, c’est-à-dire le zénith inscrit en intraday le 11 mai dernier.
Le titre ressort par le haut d’un triangle ascendant dont la base correspond au plancher des 386 euros inscrit le 13 mai dernier, ce qui valide mécaniquement un potentiel de hausse immédiat de 45 euros, soit un objectif de 475 euros au minimum.
La dernière résistance datée du 5 novembre (445,50 euros) a été effacée ce 2 juin sans que le cours ne marque le moindre temps d’arrêt et l’étude du graphique sur les douze derniers mois ne permet pas d’identifier de fortes résistances avant 506/510 euros (plancher du 18 septembre 2008, zénith de clôture du 14 octobre 2008).
Les 500/510 euros est un objectif auquel nous croyons beaucoup car les oscillateurs graphiques (RSI, Stochastiques, Momentum) sont repassés bullish depuis début mai et le potentiel de hausse induit par la règle du balancier (entre 305 et 375 euros) est largement débordé. C’est donc le ratio de Fibonacci (62% de rebond) qui pourrait s’appliquer d’ici la fin du premier semestre 2009, ce qui signifie qu’en passant acheteur à 445 euros, il subsiste encore un beau potentiel de gains à matérialiser.

Et puis… Areva ne figure pas dans un grand indice susceptible de rechuter de -25% après en avoir pris 40. C’est une valeur presque contra-cyclique… dans la mesure où l’entreprise va pouvoir surfer longtemps sur une volonté politique mondiale de promouvoir les énergies propres.
Philippe Béchade
© Les Publications Agora France, 2002-2008
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