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En publiant une perte trimestrielle de 2.8 milliards de dollars, Lehman Brothers confirme la persistence des difficultés dans les établissements bancaires.

Quel a été l‘événement historique intervenu début juin à Wall Street ? Il ne s’agit pas de la plus grosse fusion jamais enregistrée. Ni de la plus importante introduction en Bourse de l’histoire.

Cette fois, c’est Lehman Brothers qui a joué les premiers rôles. La plus petite des grandes banques américaines a annoncé le 9 juin une perte trimestrielle de 2.8 milliards de dollars.

Une avanie pour elle, qui n’avait jamais été dans le rouge depuis sa cotation en 1994. La publication de ses résultats a même été avancée d’une semaine, tant il était urgent de stopper l’hémorragie boursière du titre, débutée quelques jours auparavant. Le 2 juin, l’abaissement de la note sur Lehman par l’agence de notation Standard and Poor’s avait provoqué une chute du cours de 8.1%. Le lendemain, c‘était au tour du Wall Street Journal de créer des turbulences, en affirmant que la banque d’affaires allait procéder à une nouvelle levée de capital pouvant atteindre 4 milliards de dollars. Ce jour-là, le cours se repliait de près de 10%.

Face à cette dégringolade, et par crainte que les établissements financiers ferment le robinet des liquidités, la banque d’affaires se décidait à lever 6 milliards de dollars. Rappelant par la même occasion un paradoxe : les banques, financeurs de l‘économie, manquent aujourd’hui d’argent.

Les 300 milliards de dollars levés depuis 2007 l’attestent. Fort heureusement pour Lehman, les analystes, dont l’avis confère souvent à la prophétie auto-réalisatrice dans des cas comme celui-ci, ne lui promettent pas un sort comme celui de Bear Stearns, sauvée de la faillite par la Réserve fédérale en avril et absorbée ensuite par JP Morgan. Quoi qu’il en soit, cette annonce a mis un terme à l’illusion nourrie par Wall Street, qui était parvenu à se persuader, à force de méthode Coué, que les grands établissements avaient enfin dépassé la crise financière. Lehman rappelle que les banques ont encore des actifs incertains dans leurs bilans. Et, comme Lehman, nombre d’entre elles doivent trouver une nouvelle recette économique et moins se reposer sur les produits qui ont fait leur succès hier mais qui sont devenus “toxiques” aujourd’hui.

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